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SST en entreprise : ce qu'impose le Code du travail

Par Joël Arnal, fondateur de SkillMade, 20 ans dans le BTP · Mis à jour le 12 mai 2026 · 8 min de lecture

Le sauveteur secouriste du travail, ou SST, est un salarié formé pour porter les premiers secours à un collègue victime d'un accident ou d'un malaise, et pour repérer les risques dans son entreprise. Le Code du travail impose un secouriste dans certains ateliers et sur certains chantiers. Partout ailleurs, l'employeur doit organiser les premiers secours, sans qu'un texte fixe le nombre de secouristes. Le certificat SST est valable 24 mois.

Stagiaire pratiquant un massage cardiaque sur un mannequin pendant une formation de secourisme

En bref

  • Un salarié formé au secourisme est obligatoire dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur les chantiers de 20 travailleurs au moins pendant plus de 15 jours avec travaux dangereux (article R4224-15).
  • Dans toutes les entreprises, l'employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail (article R4224-16).
  • La formation initiale dure au moins 14 heures, en groupe de 4 à 10 personnes, selon le programme fixé par l'INRS.
  • Le certificat est valable 24 mois. Il est prolongé par un MAC de 7 heures, à suivre avant la date de fin de validité.
  1. Que fait un sauveteur secouriste du travail ?
  2. Quel est le rôle de l'INRS ?
  3. Dans quels cas un secouriste est-il obligatoire ?
  4. Combien de salariés former, et lesquels ?
  5. Comment se déroule la formation initiale ?
  6. Les épreuves et la délivrance du certificat
  7. Combien de temps le certificat SST est-il valable ?
  8. SST et PSC : deux formations distinctes

Que fait un sauveteur secouriste du travail ?

Le SST est un salarié de l'entreprise qui conserve son poste habituel. Le document de référence du dispositif lui confie deux missions : porter les premiers secours à toute victime d'un accident ou d'un malaise, et participer à la prévention des risques professionnels.

Face à un accident, il protège la victime d'un danger qui persiste, l'examine, fait alerter les secours, puis réalise les gestes adaptés jusqu'à leur arrivée. Le reste du temps, il signale les situations dangereuses et peut contribuer à la mise à jour du document unique d'évaluation des risques.

Le Code du travail précise qu'il ne remplace pas les infirmiers, dans les entreprises qui doivent en employer.

§Code du travail, article R4224-15 · INRS, document de référence du dispositif SST (version 8, janvier 2021)

Quel est le rôle de l'INRS dans le dispositif SST ?

L'INRS (Institut national de recherche et de sécurité) est un organisme géré par des représentants des employeurs et des salariés, et financé par les cotisations accidents du travail et maladies professionnelles.

Le Code du travail fixe les cas où un secouriste est obligatoire. L'INRS définit le programme de la formation SST, les compétences à acquérir et les modalités de certification : depuis 2011, il les fixe dans un document de référence, avec les durées et la taille des groupes. Les organismes qui dispensent le SST doivent être habilités par une commission nationale, sur avis des caisses régionales et de l'INRS, qui publie leur liste. Chaque session est enregistrée dans FORPREV, l'outil national de gestion, qui édite les certificats.

RègleFixée par
Secouriste formé dans les ateliers à travaux dangereux et sur certains chantiersCode du travail
Organisation des premiers secours dans toute entrepriseCode du travail
Programme, durée de 14 heures, groupes de 4 à 10, épreuvesINRS
Validité du certificat de 24 mois et MAC de 7 heuresINRS
Nombre de SST en dehors des cas obligatoiresL'employeur, sur avis du médecin du travail

Cette habilitation ne se confond pas avec la certification Qualiopi, qui porte sur la qualité d'un organisme de formation en général.

§INRS, document de référence SST, parties 1.3, 3.2 et 3.3 · INRS, présentation de l'institut

Dans quels cas un secouriste est-il obligatoire ?

L'article R4224-15 du Code du travail exige qu'un membre du personnel ait reçu la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence :

  • dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ;
  • sur chaque chantier qui emploie au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours et où sont réalisés des travaux dangereux.

Pour un chantier, les trois conditions doivent être réunies : un chantier de 25 personnes pendant une semaine n'est pas visé. L'article ne dresse pas la liste des travaux dangereux : l'employeur les identifie à partir de son évaluation des risques.

Le texte parle d'une formation de secouriste, sans nommer de certificat. Dans les entreprises, la formation de référence est le SST, conçue par l'INRS pour le milieu de travail.

Toutes les entreprises ont par ailleurs une obligation d'organisation. En l'absence d'infirmiers, ou si leur nombre ne permet pas une présence permanente, l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours, après avis du médecin du travail et en lien avec les secours extérieurs. Il les consigne dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail. Les lieux de travail doivent aussi être équipés d'un matériel de premiers secours adapté aux risques et facile d'accès.

§Code du travail, articles R4224-14, R4224-15 et R4224-16

Combien de salariés former, et lesquels ?

En dehors des cas prévus par l'article R4224-15, aucun texte ne fixe de ratio entre le nombre de SST et l'effectif de l'entreprise. Selon l'INRS, l'employeur évalue le nombre adapté à son entreprise, sur les conseils du médecin du travail. Le document de référence prévoit que les SST soient en nombre adapté et bien répartis, en fonction de l'organisation du travail et des risques.

Le calcul part donc de la présence réelle des secouristes plutôt que de l'effectif total : un SST qui travaille de jour ne couvre pas l'équipe de nuit. Pour déterminer combien de salariés former, vérifiez qu'un secouriste est présent sur chaque site et à chaque horaire :

  • Un SST est-il présent sur chaque site et dans chaque bâtiment où l'on travaille ?
  • Les équipes de nuit, du week-end et en horaires décalés ont-elles leur secouriste ?
  • Qui prend le relais pendant les congés, les absences et les déplacements du SST, ou sur les chantiers ?

La mission s'ajoute au travail habituel du salarié : mieux vaut donc choisir des volontaires. Aucun prérequis n'est exigé pour entrer en formation.

§INRS, foire aux questions sur la formation · document de référence SST, parties 2.2 et 4.1.1

Comment se déroule la formation initiale ?

La formation initiale dure au moins 14 heures en présentiel, soit deux journées, consécutives ou espacées. S'y ajoute, le cas échéant, le temps nécessaire pour traiter les risques spécifiques à l'entreprise ou au métier, définis par le médecin du travail. Le groupe compte de 4 à 10 personnes. Le formateur doit détenir un certificat de formateur SST en cours de validité et intervenir pour le compte d'un organisme habilité.

Le programme comprend huit compétences, réparties en deux domaines. Le premier porte sur l'intervention face à un accident : cadre juridique, protection, examen de la victime, alerte et gestes de secours, jusqu'à la réanimation cardio-pulmonaire avec défibrillateur. Le second porte sur la prévention : repérer les dangers, déterminer les risques, supprimer ou réduire ceux sur lesquels le salarié peut agir directement, et transmettre l'information. Les stagiaires s'exercent sur des mannequins adulte, enfant et nourrisson, puis sur des accidents simulés.

Chez SkillMade, la formation sauveteur secouriste du travail est animée par un formateur SST certifié, rattaché à un organisme habilité, et se déroule dans vos locaux. L'activité de formation de SkillMade est portée par la coopérative Alteractifs, certifiée Qualiopi : l'OPCO de l'entreprise peut prendre en charge tout ou partie du coût, selon ses critères de financement.

§INRS, document de référence SST, parties 4.1.4, 4.1.7 et 5.1.2

Deux stagiaires examinent une personne allongée au sol lors d'un exercice de secourisme
La première épreuve certificative repose sur une situation d'accident du travail simulée.

Les épreuves et la délivrance du certificat

Deux épreuves certificatives ont lieu en fin de formation. La première repose sur une simulation d'accident du travail, avec une victime, un danger persistant et des témoins : le candidat doit protéger, examiner, faire alerter et secourir. La seconde est un échange avec le formateur, à partir de la même situation, sur le cadre réglementaire du SST et sur la prévention.

Le certificat est délivré lorsque les huit compétences sont acquises selon les grilles nationales, et seulement si le candidat a suivi toute la formation. Si certaines compétences ne sont pas acquises, le candidat peut repasser l'épreuve concernée si le temps le permet, ou s'inscrire à une nouvelle session allégée, de préférence dans les six mois selon l'INRS. Il reçoit en attendant une attestation de fin de formation, qui ne remplace pas le certificat.

Les résultats sont saisis dans FORPREV et l'organisme remet le certificat à chaque candidat reçu. Ce certificat est valable au niveau national.

§INRS, document de référence SST, parties 4.1.3 et 5.1.3 · INRS, page « Sauveteur secouriste du travail »

Combien de temps le certificat SST est-il valable ?

Le certificat est valable 24 mois. Pour le renouveler, le salarié suit une formation de maintien et actualisation des compétences (MAC) avant la date d'expiration. Le MAC dure 7 heures, en groupe de 4 à 10 personnes, et se termine par deux épreuves plus courtes sur le même modèle que la formation initiale. En cas de réussite, il repart pour 24 mois.

Une fois la date dépassée, le salarié ne peut plus exercer comme SST et ne compte plus parmi les secouristes de l'entreprise. Comme tout citoyen, il reste tenu de porter assistance à une personne en péril. Il peut suivre un MAC pour retrouver sa certification, à condition que le temps écoulé ne compromette pas sa réussite aux épreuves. Si ce délai est trop long, le document de référence conseille de refaire la formation initiale.

Les jeunes formés au SST pendant leur CAP, leur bac professionnel ou leur BTS ont les mêmes compétences qu'un salarié formé en entreprise. Une fois embauchés, c'est à leur employeur d'organiser leur MAC.

Pour éviter les oublis, le plus simple est de noter la date de fin de validité de chaque SST et de programmer son MAC deux à trois mois à l'avance.

§INRS, document de référence SST, parties 2.3, 4.1.3 et 5.1.3 · Code pénal, article 223-6

SST et PSC : deux formations distinctes

Depuis juillet 2024, la formation de secourisme destinée à tous les citoyens s'appelle PSC, pour premiers secours citoyen. Ce nom remplace celui de PSC1 (prévention et secours civiques de niveau 1) dans l'ensemble des textes réglementaires. Le PSC relève de la sécurité civile, sous l'autorité du ministère de l'Intérieur.

Le SST a été conçu pour le travail : il ajoute la prévention des risques professionnels et l'organisation des secours dans l'entreprise.

Le titulaire d'un certificat SST en cours de validité est réputé détenir le PSC1, devenu PSC. Le PSC, lui, ne donne pas le certificat SST : une personne titulaire du PSC depuis moins de trois ans, ou à jour de sa formation continue, peut bénéficier d'une formation SST allégée, mais elle passe toutes les épreuves.

§Arrêté du 15 juin 2024, article 5 · arrêté du 5 décembre 2002 · INRS, document de référence SST, parties 4.1.5 et 4.1.6, et foire aux questions

Textes de référence, vérifiés le 12 mai 2026 :

  • Code du travail, articles R4224-14 à R4224-16 · Code pénal, article 223-6
  • Arrêté du 5 décembre 2002 relatif à la prise en compte des acquis des titulaires du certificat de sauveteur secouriste du travail
  • Arrêté du 15 juin 2024 relatif à la filière citoyenne de sécurité civile dans le domaine de la formation aux premiers secours
  • INRS, document de référence du dispositif SST (version 8, janvier 2021), foire aux questions sur la formation, page « Sauveteur secouriste du travail » et présentation de l'institut

Cet article donne une information générale. Il ne remplace ni la lecture des textes applicables à votre situation, ni une formation au secourisme.