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B0, BS, BR, H0V… : l'habilitation électrique expliquée aux employeurs en 2026
Par Joël Arnal, fondateur de SkillMade, 20 ans dans le BTP · Mis à jour le 9 juin 2026 · 7 min de lecture
L'habilitation électrique est l'autorisation que l'employeur donne à un salarié pour travailler sur une installation électrique ou à proximité. Elle ne concerne pas que les électriciens : le peintre qui intervient dans un local électrique ou le gardien qui réarme un disjoncteur en ont besoin eux aussi. La réglementation ne fixe pas de durée de validité, mais un recyclage est conseillé tous les 3 ans.
En bref
- Obligatoire pour toute opération sur une installation électrique ou à proximité (Code du travail, article R4544-9).
- Un symbole par type de travail : B0 ou H0 pour un non-électricien, BS pour les petites interventions, B1V, B2V, BR ou BC pour un électricien.
- Pas d'examen national : après la formation, le formateur donne un avis et l'employeur délivre le titre.
- Recyclage conseillé tous les 3 ans. Attestation médicale de 5 ans pour certaines opérations.
- Qu'est-ce que l'habilitation électrique ?
- Qui doit être habilité ?
- Quelle habilitation choisir ?
- Comment l'obtenir ?
- Comment se déroule la formation ?
- Combien de temps est-elle valable ?
- Les textes qui ont changé depuis 2024
- Les erreurs à éviter avec l'habilitation électrique
Qu'est-ce que l'habilitation électrique ?
L'habilitation électrique est la reconnaissance, par l'employeur, qu'un salarié connaît le risque électrique et sait s'en protéger dans le travail qu'on lui confie.
Un contact avec une pièce sous tension peut provoquer une électrisation, une électrocution ou de graves brûlures.
Le Code du travail réserve donc les opérations sur les installations électriques, ou dans leur voisinage, aux travailleurs habilités. Les modalités sont précisées dans la norme NF C 18-510. L'habilitation n'est ni un diplôme ni une carte délivrée par l'État : c'est un titre signé par l'employeur, qui indique par des symboles ce que le salarié a le droit de faire.
§Code du travail, articles R4544-3, R4544-9 et R4544-10 · norme NF C 18-510
Qui doit être habilité ?
Le Code du travail ne vise pas un métier mais des opérations. Toute entreprise est concernée, quels que soient sa taille et son secteur, dès qu'un salarié se trouve dans l'un de ces trois cas :
- il est électricien et crée, modifie, entretient ou dépanne les installations ;
- il n'est pas électricien mais fait de petites opérations, comme remplacer un fusible à l'identique ou réarmer un disjoncteur ;
- il n'effectue aucune opération électrique, mais travaille près des installations ou entre dans des locaux réservés aux électriciens. Lui aussi doit être formé et habilité.
On trouve ces salariés dans l'électricité et la maintenance, dans le bâtiment (plombiers, chauffagistes, peintres, maçons), dans l'industrie, la logistique, le nettoyage, chez les bailleurs et dans les collectivités. Pour les garages qui entretiennent des véhicules électriques ou hybrides, la norme de référence est la NF C 18-550. Brancher un ordinateur ou démarrer une machine, en revanche, ne demande aucune habilitation.
§Code du travail, article R4544-9 · arrêté du 5 juillet 2024 (normes de référence) · INRS, brochure ED 6127
B0, BS, BR… : quelle habilitation choisir selon les tâches du salarié ?
La première lettre indique le domaine de tension : B pour la basse tension, jusqu'à 1 000 volts en courant alternatif, H pour la haute tension. Les chiffres et les lettres qui suivent précisent les opérations autorisées : 0 pour un travail non électrique, 1 pour un exécutant, 2 pour un chargé de travaux, C pour la consignation, R ou S pour une intervention, E pour une opération spécifique comme une manœuvre. Un V final autorise le travail au voisinage de pièces nues sous tension.
| Poste | Symbole |
|---|---|
| Peintre, maçon ou agent de nettoyage qui travaille dans un local électrique sans toucher à l'électricité | B0, H0, H0V |
| Gardien, plombier ou chauffagiste qui remplace un fusible, une prise ou un interrupteur à l'identique | BS |
| Agent de production ou informaticien qui réarme un disjoncteur ou met un équipement hors tension | BE Manœuvre |
| Électricien de maintenance qui recherche les pannes, fait des mesures et remplace du matériel | BR |
| Électricien qui crée ou modifie une installation, comme exécutant ou comme chargé de travaux | B1V ou B2V |
| Électricien qui met une installation en sécurité avant travaux (consignation) | BC |
Un salarié peut cumuler plusieurs symboles. Il est autorisé à effectuer uniquement les opérations mentionnées sur son titre : un habilité BS n'a pas le droit de dépanner une armoire, même s'il en est capable.
§Norme NF C 18-510 · INRS, brochure ED 6127
Comment obtenir l'habilitation électrique ?
Le parcours compte cinq étapes :
- l'employeur vérifie les compétences initiales du salarié, notamment sa qualification en électricité lorsque les opérations l'exigent ;
- le salarié suit une formation théorique et pratique, adaptée aux opérations qu'il fera ;
- le formateur rédige un avis après formation ;
- pour certaines opérations des électriciens, le médecin du travail délivre une attestation médicale (voir plus bas) ;
- l'employeur signe le titre d'habilitation et remet au salarié un carnet de prescriptions, obligatoire, qui rassemble les règles de sécurité à appliquer.
Pas d'examen national, contrairement à l'AIPR. La formation se termine par une évaluation théorique et pratique. Le formateur s'appuie sur cette évaluation pour rédiger son avis après formation. Cet avis ne vaut pas habilitation : l'employeur décide, et peut prévoir une formation complémentaire si l'avis est défavorable. Seuls les travaux sous tension exigent une formation dans un organisme agréé par le ministère du Travail.
Pour un intérimaire, c'est l'entreprise utilisatrice qui habilite, pour la durée de la mission.
§Code du travail, articles R4544-10 et R4544-11 · INRS, brochure ED 6127
Comment se déroule la formation ?
Le Code du travail exige une formation théorique et pratique, sans en fixer la durée. L'INRS donne des durées minimales :
- une journée pour un non-électricien qui travaille près des installations (B0, H0, H0V), une journée et demie s'il encadre le chantier ;
- deux jours pour les interventions élémentaires (BS) ou les manœuvres (BE Manœuvre) ;
- trois jours pour un électricien en basse tension (B1V, B2V, BR), deux jours et demi pour la seule consignation (BC).
La formation aborde d'abord les risques électriques : effets du courant sur le corps, arc électrique, zones autour des pièces nues sous tension, rôle de chacun, protections, conduite à tenir en cas d'accident. Selon l'habilitation préparée, les électriciens abordent aussi la consignation, le dépannage ou les mesures. La formation comprend aussi des exercices pratiques sur une installation représentative.
Chez SkillMade, le formateur vient dans vos locaux. La formation habilitation électrique non électricien dure une journée pour le B0, H0 ou H0V, deux jours pour le BS ou le BE Manœuvre ; celle des électriciens (B1V, B2V, BR, BC), trois jours. Une formation suivie dans un organisme certifié Qualiopi peut être prise en charge par l'OPCO de l'entreprise.
§Code du travail, article R4544-10 · INRS, brochure ED 6127
Combien de temps l'habilitation électrique est-elle valable ?
Aucun texte ne fixe de durée de validité : l'employeur la définit, en général au rythme du recyclage. La norme et l'INRS donnent des repères :
- un recyclage tous les 3 ans, ramené à 2 ans pour une pratique occasionnelle ou exceptionnelle ;
- chaque année, une vérification que le titre correspond toujours au travail réel du salarié ;
- un an seulement pour un titre qui couvre les travaux sous tension.
L'INRS conseille d'avancer le recyclage après six mois d'interruption, un changement de poste, de nouvelles installations ou des règles de sécurité mal appliquées. Il dure au moins une journée pour un non-électricien, une journée et demie pour les autres habilitations.
La validité de l'habilitation dépend aussi de l'attestation médicale, lorsqu'elle est exigée pour certaines opérations : elle est valable 5 ans, et l'habilitation cesse d'être valable à son expiration. Un salarié qui change d'entreprise doit être habilité par son nouvel employeur, même si sa formation est récente.
§Code du travail, articles R4544-10 et R4544-11 · INRS, brochure ED 6127 et foire aux questions
Les textes qui ont changé depuis 2024
Une attestation médicale remplace le suivi renforcé
Depuis le 1er octobre 2025, les travaux sous tension et les travaux ou interventions d'ordre électrique au voisinage de pièces nues sous tension exigent une attestation d'absence de contre-indication médicale. Le médecin du travail la délivre après un examen, pour 5 ans, et elle suit le salarié d'un employeur à l'autre. Les avis d'aptitude plus anciens tiennent lieu d'attestation pendant 5 ans. Les symboles B0, H0 et H0V ne sont pas concernés.
La norme de référence a évolué
Un arrêté du 5 juillet 2024 donne les normes de référence : la NF C 18-510 avec son amendement A1 de 2020, et la NF C 18-550 pour les véhicules et engins électriques ou hybrides. L'amendement a créé une habilitation BF-HF pour les travaux en fouille près de câbles électriques enterrés.
Un chapitre dédié aux travaux près des lignes électriques
Depuis le 19 décembre 2024, un chapitre du Code du travail encadre les travaux non électriques près des lignes aériennes et des câbles enterrés, du BTP à l'élagage ou à l'agriculture. Réussir l'examen AIPR peut aussi tenir lieu de formation théorique pour l'habilitation des travaux en fouille (voir notre article sur l'AIPR).
§Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 · arrêté du 26 septembre 2025 · arrêtés du 5 juillet 2024 · décret n° 2024-552 du 17 juin 2024 · Code du travail, article R4544-32
Les erreurs à éviter avec l'habilitation électrique
- Confondre l'avis après formation avec l'habilitation. Tant que l'employeur n'a pas signé le titre, le salarié n'est pas habilité.
- Laisser un salarié effectuer des opérations non prévues par son habilitation, par exemple un habilité BS qui dépanne une armoire.
- Oublier les non-électriciens, comme l'agent d'entretien qui entre dans un local électrique.
- Ne pas remettre le carnet de prescriptions.
- Se fier au titre délivré par l'ancien employeur d'un salarié qui vient d'arriver.
Côté sanction, l'employeur qui manque à ces règles par sa faute personnelle risque une amende de 10 000 €, appliquée pour chaque salarié concerné, et en cas de récidive un an de prison et 30 000 € d'amende. Après un accident, l'absence de titre pèse lourd dans la recherche des responsabilités.
§Code du travail, articles R4544-9, R4544-10 et L4741-1
Textes de référence, vérifiés le 9 juin 2026 :
- Code du travail, articles R4544-3, R4544-9 à R4544-33 et L4741-1
- Décret n° 2025-355 du 18 avril 2025 et arrêté du 26 septembre 2025 (attestation médicale)
- Décret n° 2024-552 du 17 juin 2024 (travaux près des ouvrages électriques)
- Arrêtés du 5 juillet 2024 (normes de référence, équivalence entre AIPR et habilitation)
- Normes NF C 18-510 et son amendement A1, NF C 18-550 · INRS, brochure ED 6127 et foire aux questions
Cet article donne une information générale. Il ne remplace pas la lecture des textes applicables à votre situation.